Méditation du 3è dimanche de Pâques, année B: «La Paix soit avec vous!»

da bet nacionalLectures: Ac 3, 13-15.17-19 4, 2, 4.7, 9 1 Jn 2, 1-5a Lc 24, 35-48

da lottoland: «La paix soit avec vous!» dit Jésus aux apôtres, bouleversés par la rumeur de la résurrection qui a déjà retenti à leurs oreilles. En ce temps de Pâques, combien de fois entendons-nous, dans la liturgie, cet appel à nous ouvrir à cette paixofferte par le Ressuscité! Cet appel, ainsi que l’exhortation à ne pas avoir peur, nous incitent à l’ouverture à l’expérience de la résurrection. Comme ces invitations rejoignent notre actualité! Nous sentons tous, ou pressentons tous, la violence qui règne dans le monde, parfois loin de nous, parfois tout près de nous, et parfois en nous. Nous voyons tous des images insoutenables de sauvages exactions, et nous recueillons parfois des témoignages d’hommes et de femmes fuyant la barbarie. C’est bien dans ce contexte que nous sommes invités, depuis trois semaines maintenant, à nous ouvrir à la résurrection.

Les apôtres sont des hommes concrets: ils ont besoin de voir les plaies de Jésus et de le regarder se restaurer pour ouvrir leur cœur à l’intelligence des Écritures. Le Christ attendu par Israël est un «roi de gloire», mais pas un «roi de gloire» comme tous l’imaginaient, c’est-à-dire un souverain entouré d’un faste éblouissant. Personne n’a vu la résurrection, comme nous le rappelle l’art des Églises d’Orient qui se garde de représenter l’événement de la résurrection. Cependant, comme les disciples, nous pouvons nous ouvrir à la résurrection alors que nous accueillons le signe de la fraction du painet que nous lisons les Écritures avec un œil neuf. Le «roi de gloire» est celui qui ne conserve rien pour lui, qui se donne, qui se donne totalement, pour nous libérer de toutes les formes de nos connivences avec la violence et avec la mort, pour nous sauver de la morsure du péché. Jésus Christ, le Juste, est -comme le dit saint Jean dans la lecture de ce dimanche- un défenseur. Il l’est à cause de la radicalité du don qu’il fait de lui-même à tout être humain.

Mesurons-nous bien les conséquences de cette affirmation? Nos sociétés ne sont guère disposées à se construire sur l’expérience du don, reçu et offert; elles se développent plutôt sur l’aspiration à faire valoir d’inextinguibles créances, bien différentes de la logique du don, du don total, qui passe par la renonciation à revendiquer quoi que ce soit pour soi-même, jusqu’à la renonciation à revendiquer un rang. En perspective chrétienne, il en va ainsi parce que le seul vrai rang de tout être humain est celui de «fils et fille de Dieu». Il s’agit là d’un rang qui se situe au-delà, ou en-deçà, de notre fascination pour quelque statut à acquérir. Cela, c’est l’itinéraire de Jésus, tel qu’il se donne à découvrir dans les Évangiles, qui nous l’apprend. Cela, c’est aussi ce que nous apprend l’histoire de Dieu avec Israël son peuple, telle qu’elle nous est rapportée au fil de la Bible.

Comment donc serons-nous des témoins de la résurrection dans le monde d’aujourd’hui? En nous laissant travailler par l’expérience du don, vécue au quotidien, malgré toutes les barrières -structurelles et personnelles- que nous érigeons pour rendre impraticable ce chemin de vie. Nous avons pourtant des exemples autour de nous. Pensons aux hommes et aux femmes dont l’Église a reconnu la sainteté, non pas parce qu’elles étaient parfaites, mais parce qu’elles ont accepté que leur vie soit renouvelée par le Crucifié-Ressuscité. Pensons aussi à ces témoins, non connus du grand public, mais que nous avons pu rencontrer dans nos familles, parmi nos amis et connaissances, alors que nous les voyions ne rien garder pour eux-mêmes afin de susciter plus de vie autour d’eux.

Puissent nos yeux s’ouvrir pour reconnaître la résurrection à l’œuvre autour de nous, et puissent nos cœurs s’ouvrir à la résurrection à l’œuvre en nous, pour peu que nous suivions Jésus sur le chemin du don, du don total, du pardon.

Suivre la méditation du 3è dimanche de Pâques, proposée par le père Antoine Kerhuel,SJ

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